François Morel : « Savoir décoder l’information »

François Morel : « Savoir décoder l’information »

François Morel, chef de projet académique pour l’éducation aux médias et l’information à l’académie de Grenoble, jury du concours « journalisme et société », catégorie collégiens

 

Pour cette seconde édition de son prix « journalisme et société, contre les discriminations, le racisme et l’antisémitisme», le Club de la presse de Grenoble a sollicité le Clemi (Centre pour l’éducation aux médias et à l’information)*, organisateur de la Semaine de la presse et des médias dans l’école. La 30e édition se déroulera cette année du 18 au 23 mars sur le thème de « l’information sans frontières », en même temps que la quinzaine contre les discriminations.

 

Le Club : Pour vous, quel est l’enjeu de sensibiliser les jeunes au rôle des médias, en cette période de défiance généralisée envers la presse et les journalistes ?

La formation de nos élèves s’inscrit dans une démarche de développement de l’esprit critique, parce que cette pléthore de nouvelles, cette instantanéité de communication et de réactions par des vecteurs aussi nombreux et différents demande une véritable éducation. À l’ère du numérique et des réseaux sociaux, l’information tend à se diluer avec les jugements, les avis, les opinions…

 

Comment les aider à faire la part entre des informations véridiques, vérifiées et les « fake news » ?

Les journalistes doivent être les garants de la fiabilité de l’info. Mais il importe aussi d’accepter le droit à l’erreur, de savoir rétablir la vérité grâce à la maîtrise des outils, de douter sans pour autant remettre systématiquement en cause, de savoir aller à la source de l’information. Ce sont des réflexes de lecture et d’analyse qu’il nous faut faire acquérir à nos élèves, qu’ils sachent décoder l’information, l’image, écouter le son médiatique… et pour cela il leur faut fréquenter la presse, aller sur les réseaux, comprendre comment la société de l’information fonctionne.

 

On parle souvent la liberté de la presse comme l’un des piliers de la démocratie. L’éducation aux médias est-elle déterminante selon vous ?

Quoi de mieux que de produire du média pour en saisir les enjeux informationnels et sociétaux ? Quoi de mieux que d’ « angler » un article pour appréhender la subjectivité nécessaire du discours journalistique ? Quoi de mieux que de lire, écouter, voir des médias du monde entier pour saisir les jeux politiques et culturels d’un pays, d’un continent ? À l’instar d’un enseignement plus académique peut-être, l’éducation aux médias et à l’information demande des apprentissages, des compétences pour que se forme une véritable culture médiatique, un esprit éclairé nécessaire à la compréhension d’un monde qui doit s’affranchir encore de tant de frontières.

 

*service de  Canopé, opérateur de l’Éducation nationale

Propos recueillis par Véronique Granger

Fermer le menu
leo. ante. dapibus et, ultricies ut consequat. Lorem ut