De demandeur d’emploi à développeur web
Thierry Gimet et Renaud Cornu-Emieux

De demandeur d’emploi à développeur web

 

C’est au Club de la presse que le Campus numérique in the Alps, une association qui forme en 18 mois des demandeurs d’emploi aux métiers du numériques, sans qu’aucune formation préalable ne soit exigée, est venu présenté sa 3ème promotion en cours de sélection sur Grenoble.

Constitué en SIC, et en partenariat avec le CNAM (conservatoire national des arts et métiers) et la région Auvergne-Rhône-Alpes, le « Campus numérique in the Alps », émanation directe de Digital Grenoble, s’est donné la double mission de former les développeurs informatiques dont les entreprises manquent, et de faire en sorte que des personnes éloignées de l’emploi raccrochent avec le monde du travail. « L’emploi dans l’informatique est en tension dans tout l’arc alpin, constate Thomas Gimet, développeur commercial, et une formation de qualités selon une pédagogie expérientielle, basée successivement sur « le faire, l’analyse, la conceptualisation et la mise en œuvre » a comme résultat une employabilité de près de 80%/ avec un salaire compris entre 24 000 et 28 000€ /an.

La formation se déroule sur six mois, soit 800 heures de cours, puis un cursus en alternance de 12 mois. A la fin du parcours, un équivalent Bac+2 est délivré par la CNAM.  L’étudiant reste ensuite très souvent dans l’entreprise où il a été formé. Les entreprises partenaires sont sensibilisées au fait que notre objectif, c’est le retour à l’emploi et c’est dans ce cadre que nous recevons des subventions de Pôle emploi et de la Région ».

En 2016, sur 31 élèves formés, 23 ont été diplômés et 19 ont été embauchés. Les chiffres devraient être comparables sur la promotion 2017, et ce sur les trois sites concernés puisque la formation est désormais ouverte à Annecy et Valence.

C’est dans ce contexte que la troisième promotion est en train d’être sélectionnée. « Il ne faut pas spécialement avoir de notions. Parmi les premiers diplômés : un bucheron, un plâtrier… On regarde les aptitudes à devenir un bon informaticien. Il faut quelques notions d’anglais, mais assez élémentaires, et réussir un test de logique. Le 5 novembre, les candidats retenus (ils sont encore 75 en lice sur 95 postulants initiaux) participeront aux « piscines », des journées de travail en groupe, durant lesquelles ils sont observés par les formateurs et les chefs d’entreprises ».

Renaud Cornu-Emieux, responsable pédagogique explique aussi. « Avec la méthode de pédagogie expérientielle. Les élèves expérimentent. Se trompent. Alors on explique et ils comprennent. Le retour des entreprises c’est qu’ils deviennent des employés très autonomes, qui ont appris à apprendre. Or, dans ce secteur qui évolue très vite, savoir apprendre en permanence est indispensable ».

Le campus numérique devrait continuer à former une soixantaine d’élèves par an, à raison d’environ 15 à Annecy, 20 à Valence et 25 à Grenoble. Seul bémol, la difficile féminisation de la profession. « Nous avons encore du mal à intéresser les femmes, mais nous aimerions pouvoir intégrer au moins un tiers de femmes par promotion. D’abord parce qu’il n’y a pas de raison qu’elles ne s’y intéressent pas, ensuite parce que c’est un des secteurs où les écarts de salaires sont les plus faibles » poursuit Thomas Gimet.

Quant aux entreprises, elles sont convaincues selon Renaud Cornu-Emieux. « C’est un investissement à long terme, et il faut mettre en avant l’aspect sociétal. Souvent, on n’entre pas par les RH mais par le RSE. Nous travaillons avec des multinationales, qui seront susceptibles dans quelques années de ne pas former un seul, mais plusieurs étudiants par an, car c’est un secteur en déficit depuis 40 ans et que les postes vont encore s’ouvrir.

Si la formation de technicien développeur numérique est accessible dès le niveau bac, le Campus numérique in the alps propose pour les niveaux inférieurs, le « Pass numérique ». « On est cette fois sur un vrai profil de décrocheur scolaire. Nos prescripteurs sont d’ailleurs l’école de la deuxième chance ou la mission locale. Le Pass est une formation de six mois qui débouche sur un équivalent bac du CNAM. Une fois cette équivalence obtenue, on peut aussi postuler à la formation de codeur / développeur ».

C’est d’ailleurs le cas cette année. Sur les 10 diplômés du « pass » l’année dernière, cinq tentent d’accéder à la formation de technicien cette année.

Texte : Caroline Thermoz-Liaudy

Photo: Club de la presse

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